Le blog de Simone

  • So long Leonard Cohen

    Il est parti, après 82 ans de bons et loyaux services musicaux dans un monde dépassé par son propre bruit, Leonard Cohen s'est éteint le 7 Novembre. Il devait être fatigué, ou alors il ne devait pas avoir envie de vivre les années Trump, on peut le comprendre. 

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  • Je blogue donc je suis. (réflexion sur la dialectique du follow)

    Lorsque nous étions enfant, mon frère et moi, nous jouions souvent à un jeu (qui était plutôt une victimisation morbide) : l'un tapait l'autre, et l'autre tapait l'un, et nous nous tapions mutuellement sans vouloir nous arrêter, dans un talion sans fin parce que s'arrêter c'est mourir. 


     

    Pour susciter l'attention de l'autre vers soi, figure enfantine en construction, notre seule manière de faire est d'embêter l'autre, de le provoquer jusqu'à ce qu'il réponde, quitte à ce que la réponse soit aggressive, pourvu qu'il y ait une réponse. 

     

    C'est ce que nous appeleront la DIALECTIQUE DU FOLLOW. 

     

    LA DIALECTIQUE DU FOLLOW 

     

    MOI   SEUL

    MOI VEUT ATTENTION 

    MOI  DEMANDE ATTENTION

    (personne ne répond)

    MOI  EXIGE ATTENTION

    (violence nécessaire)

    AUTRE REPOND (violence ou passivité)

    MOI SATISFAIT  

    (acquisition de points d'expérience par ce dépassement)

    (et le cycle recommence)

     

  • L'oubli de soi dans l'ennui et l'isolation

    J'ai cru un jour que je pourrais être seule et que je n'aurai jamais besoin de personne. Que ma solitude était ma liberté et ma force, et qu'aucune personne ne parviendrait à me donner l'envie de vivre à deux, pour une personne, de ne respirer que pour quelqu'un d'autre. Je croyais, étant jeune, que les gens qui vivent à deux sont des gens incomplets qui ont besoin du soutien béquillaire de l'autre pour survivre. Ces gens étaient faibles et méprisables à mes yeux, et seuls valaient ceux qui étaient seuls à jamais, et acceptaient cette solitude, comme Guardi Guedj dans Les Cavaliers de Kessel. Vers la fin du roman, celui qu'on appelle "l'aieul de tout le monde" avoue à Toursène, le vieux tchopendoz, qu'il est malgré tout seul, et qu'à l'instant précis où il parle, il est las d'être le consolateur de chacun, et se sent comme un enfant qui a besoin de sa mère. Un chant, une berceuse de son enfance, seul parvient à le consoler. Une larme coule de son oeil. 

    (écoutez la musique ci dessous en même temps que vous lisez, cela accentuera le côté mélancolique)

     


     

    Mais il est seul, et nous sommes seuls, et on se retrouve seul à la fin. Je ne cesse de penser à la chanson de Jacques Brel, "On se retrouve seul". Est-elle vraie ? Peut-on, malgré des années de mariage, d'amitié, de filiation ou même de haine, se retrouver seul VERTIGINEUSEMENT ? 

    Dans tous les cas, j'éprouve en ce moment même un besoin désespéré d'une personne. Sans doute le besoin est-il physique, abstrait, obscur. Mais il est présent et montre mon non détachement. 

     

    Faut il se détacher de tout ?