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08/08/2016

Je blogue donc je suis. (réflexion sur la dialectique du follow)

Lorsque nous étions enfant, mon frère et moi, nous jouions souvent à un jeu (qui était plutôt une victimisation morbide) : l'un tapait l'autre, et l'autre tapait l'un, et nous nous tapions mutuellement sans vouloir nous arrêter, dans un talion sans fin parce que s'arrêter c'est mourir. 


 

Pour susciter l'attention de l'autre vers soi, figure enfantine en construction, notre seule manière de faire est d'embêter l'autre, de le provoquer jusqu'à ce qu'il réponde, quitte à ce que la réponse soit aggressive, pourvu qu'il y ait une réponse. 

 

C'est ce que nous appeleront la DIALECTIQUE DU FOLLOW. 

 

LA DIALECTIQUE DU FOLLOW 

 

MOI   SEUL

MOI VEUT ATTENTION 

MOI  DEMANDE ATTENTION

(personne ne répond)

MOI  EXIGE ATTENTION

(violence nécessaire)

AUTRE REPOND (violence ou passivité)

MOI SATISFAIT  

(acquisition de points d'expérience par ce dépassement)

(et le cycle recommence)

 

01/08/2016

L'oubli de soi dans l'ennui et l'isolation

J'ai cru un jour que je pourrais être seule et que je n'aurai jamais besoin de personne. Que ma solitude était ma liberté et ma force, et qu'aucune personne ne parviendrait à me donner l'envie de vivre à deux, pour une personne, de ne respirer que pour quelqu'un d'autre. Je croyais, étant jeune, que les gens qui vivent à deux sont des gens incomplets qui ont besoin du soutien béquillaire de l'autre pour survivre. Ces gens étaient faibles et méprisables à mes yeux, et seuls valaient ceux qui étaient seuls à jamais, et acceptaient cette solitude, comme Guardi Guedj dans Les Cavaliers de Kessel. Vers la fin du roman, celui qu'on appelle "l'aieul de tout le monde" avoue à Toursène, le vieux tchopendoz, qu'il est malgré tout seul, et qu'à l'instant précis où il parle, il est las d'être le consolateur de chacun, et se sent comme un enfant qui a besoin de sa mère. Un chant, une berceuse de son enfance, seul parvient à le consoler. Une larme coule de son oeil. 

(écoutez la musique ci dessous en même temps que vous lisez, cela accentuera le côté mélancolique)

 


 

Mais il est seul, et nous sommes seuls, et on se retrouve seul à la fin. Je ne cesse de penser à la chanson de Jacques Brel, "On se retrouve seul". Est-elle vraie ? Peut-on, malgré des années de mariage, d'amitié, de filiation ou même de haine, se retrouver seul VERTIGINEUSEMENT ? 

Dans tous les cas, j'éprouve en ce moment même un besoin désespéré d'une personne. Sans doute le besoin est-il physique, abstrait, obscur. Mais il est présent et montre mon non détachement. 

 

Faut il se détacher de tout ? 

 

 

21/07/2016

Je fais du tricot

Aujourd'hui j'ai repris mon tricot. Trois ans que je n'y avais pas touché, depuis que Mirault s'était éborgné avec une des aiguilles. On avait dû l'emmener à l'hopital, qui nous avait dit d'aller aux urgences vétérinaires, mais c'était trop loin. Mirault avait gémi toute la nuit, je lui appliquais des cotons de ouate imbibée d'eau minérale sur l'oeil, mais peine perdue il n'arrivait pas à se taire. 

J'ai donc mis Mirault dans le cagibi, enfermé entre les chaussures et les manteaux, et j'ai mis des boules quiès. j'aime bien mon chien, mais parfois il fait trop de bruit. Il s'est calmé dans la nuit vers trois ou quatre heures du matin. 

Le lendemain, je rangeais mes aiguilles à tricoter dans un placard, en me jurant de ne plus y retoucher. 

Oui mais voilà, Mirault est mort hier, après quinze ans de bons et loyaux services à notre famille. Il a été inhumé au fond du jardin, nous avons construit un mausolée de type bulgare à sa mémoire, et planté un géranium sur sa tombe. 

Et j'ai repris mon tricot.