Le blog de Simone - Page 2

  • L'oubli de soi dans l'ennui et l'isolation

    J'ai cru un jour que je pourrais être seule et que je n'aurai jamais besoin de personne. Que ma solitude était ma liberté et ma force, et qu'aucune personne ne parviendrait à me donner l'envie de vivre à deux, pour une personne, de ne respirer que pour quelqu'un d'autre. Je croyais, étant jeune, que les gens qui vivent à deux sont des gens incomplets qui ont besoin du soutien béquillaire de l'autre pour survivre. Ces gens étaient faibles et méprisables à mes yeux, et seuls valaient ceux qui étaient seuls à jamais, et acceptaient cette solitude, comme Guardi Guedj dans Les Cavaliers de Kessel. Vers la fin du roman, celui qu'on appelle "l'aieul de tout le monde" avoue à Toursène, le vieux tchopendoz, qu'il est malgré tout seul, et qu'à l'instant précis où il parle, il est las d'être le consolateur de chacun, et se sent comme un enfant qui a besoin de sa mère. Un chant, une berceuse de son enfance, seul parvient à le consoler. Une larme coule de son oeil. 

    (écoutez la musique ci dessous en même temps que vous lisez, cela accentuera le côté mélancolique)

     


     

    Mais il est seul, et nous sommes seuls, et on se retrouve seul à la fin. Je ne cesse de penser à la chanson de Jacques Brel, "On se retrouve seul". Est-elle vraie ? Peut-on, malgré des années de mariage, d'amitié, de filiation ou même de haine, se retrouver seul VERTIGINEUSEMENT ? 

    Dans tous les cas, j'éprouve en ce moment même un besoin désespéré d'une personne. Sans doute le besoin est-il physique, abstrait, obscur. Mais il est présent et montre mon non détachement. 

     

    Faut il se détacher de tout ? 

     

     

  • Je fais du tricot

    Aujourd'hui j'ai repris mon tricot. Trois ans que je n'y avais pas touché, depuis que Mirault s'était éborgné avec une des aiguilles. On avait dû l'emmener à l'hopital, qui nous avait dit d'aller aux urgences vétérinaires, mais c'était trop loin. Mirault avait gémi toute la nuit, je lui appliquais des cotons de ouate imbibée d'eau minérale sur l'oeil, mais peine perdue il n'arrivait pas à se taire. 

    J'ai donc mis Mirault dans le cagibi, enfermé entre les chaussures et les manteaux, et j'ai mis des boules quiès. j'aime bien mon chien, mais parfois il fait trop de bruit. Il s'est calmé dans la nuit vers trois ou quatre heures du matin. 

    Le lendemain, je rangeais mes aiguilles à tricoter dans un placard, en me jurant de ne plus y retoucher. 

    Oui mais voilà, Mirault est mort hier, après quinze ans de bons et loyaux services à notre famille. Il a été inhumé au fond du jardin, nous avons construit un mausolée de type bulgare à sa mémoire, et planté un géranium sur sa tombe. 

    Et j'ai repris mon tricot. 

  • You're so tasty

    Mmmmmh you're so tasty ouuh yeah. mMMMMhh let's let the day last long long time. ouuuuuuuuh my sweet baby my baby you are so very tasty. Oh let us have another drink with each other baby. Who needs the words to say if we speak touch for touch we'll soon discover our wave together. bodies and ours souls. Let's make a day last until we was. MURRAY HEAD.